RWE (npower)
La société de production d’énergie RWE npower, filiale du géant énergétique allemand RWE, aime s’auto présenter comme verte. Elle finance de grandes campagnes de publicité en Europe qui présentent des projets de petite échelle avec aux caractéristiques dites vertes. Elle prétend être à l’avant-garde avec son slogan « RWE – l’énergie pour mener ». Mais en réalité quand il s’agit de l’action politique pour réduire les émissions, RWE continue à faire pression pour garder ses centrales à charbon et installations pétrolifères ouvertes.
RWE a fait pression sur deux projets de législation européenne – la directive sur les centrales à combustion large (LCPD) et la directive sur les émissions industrielles (IED), qui supplante la LCPD et qui a été approuvée par le Parlement en Juillet 2010. Les deux directives traitent de la réduction les principaux polluants industriels, comme la sulfure et le protoxyde d’azote, bien qu’ils n’impactent les émissions de dioxyde de carbone qu’indirectement.
Au Royaume-Uni, RWE a fait du lobbying pour assurer une extension de vie à deux installations pétrolifères vieillissantes, dans le cadre de la LCPD. Bien que la directive prévoit la réduction des émissions et particules de sulfure et de nitrogène, RWE a tenté de prétendre qu’elle nuit à la « flexibilité » de l’approvisionnement en électricité « sans bénéfices environnementaux » à la clé.
La compagnie a mis en garde contre des pannes possibles en Grande-Bretagne d’ici à 2015 si la fermeture des installation n’était pas retardée – en faisant valoir que le Royaume-Uni manquait de capacités de production. Toutefois, la question d’un potentiel déficit énergétique a été fortement contestée. Tandis qu’à Bruxelles le gouvernement du Royaume-Uni a appuyé les arguments de RWE, il a nié le risque d’un déficit énergétique dans les médias britanniques.
Au bout du compte, la campagne de RWE a échoué, mais l’entreprise s’est également acharné sur la directive sur les émissions industrielles (IED), en coopération avec des groupes de lobby de l’industrie britannique, dont l’Association des producteurs d’électricité (AEP) et la Confédération de l’Industrie britannique (CBI) afin de pousser les politiques britanniques à relâcher les contrôles de pollution proposés maintenant les centrales à combustible fossile ouvertes.
Le succès des capitaines d’industrie à obtenir leurs fins a été tel que David Porter, à la tête de l’AEP, a changé de langage, s’inquiétant d’un « exemple effrayant de mauvaise régulation » en 2008, puis de déclarant « satisfait » de la directive en juillet 2010.
RWE a aussi coopéré avec des fournisseurs d’énergie et groupes de pression à travers l’Europe pour retarder l’introduction des contrôles de pollution. Par exemple, lors d’un évènement organisé au Parlement européen, les députés étaient interrogés sur le but de la revue de la Directive, à savoir « réduire les émissions industrielles ou bien [affaiblir] l’industrie européenne ? »
Suite à plus de deux ans d’une intense campagne de lobbying de la part des sociétés d’énergie britanniques, l’Union européenne a fait marche arrière sur ses plans. Sous la nouvelle directive, les centrales à charbon peuvent échapper à la réduction d’émissions à condition qu’elles s’engagent toutes à fermer en 2023, bien plus tard que dans la proposition initiale. Même les centrales demeurant ouvertes ont obtenu trois ans en plus pour se conformer à la directive. Il est donc clair que les entreprises peuvent conserver leurs « vaches à lait » très polluantes en place, au lieu d’investir dans des énergies propres.
Holger Krahmer, un homme politique libéral allemand, qui a représenté le Parlement européen durant les négociations, a décrit la possibilité de ne pas se conformer aux règles pour les centrales à charbon comme « une tragédie européenne ».