RBS, la Banque royale d’Ecosse
Malgré sa taille et son pouvoir, la Banque royale d’Ecosse (RBS), propriété de l’Etat britannique, garde profil bas à Bruxelles. Elle n’a pas déclaré ses activités dans le registre des lobbies de la Commission Européenne. Pourtant, derrière des portes closes, c’est un joueur actif, qui a cette année engagé l’ancien Commissaire européen à l’Industrie, Günter Verheugen, en qualité de conseiller, pour promouvoir son influence.
La Banque royale d’Ecosse (RBS) est très active dans le lobbying des institutions européennes, grâce à ses propres lobbyistes, mais aussi à travers les consultants en lobbying contractés de Gplus, et son adhésion à diverses coalitions de représenation de l’industrie bancaire tels Deutscher Derivative Verband, European Parliamentary Financial Services Forum, International Swaps and Derivatives Association (ISDA) et la fédération bancaire européenne (EBF), tous actifs en lobbying durant la crise.
Les récentes activités de lobbying de RBS se sont centralisées sur la directive sur les niveaux de capitaux requis (Capital Requirements Directive) et l’introduction de nouvelles règles sur les services financiers et produits dérivés (derivatives and retail financial services).
Tous les lobbyistes sont censés se déclarer dans le registre des lobbies, lancé par la Commission européenne en 2008. Mais RBS n’y apparait pas, échappant à l’examen de contrôle public de ses activités de lobbying et ne révélant pas le montant dépensé.
En avril 2010, RBS a annoncé qu’il avait engagé l’ancien Commissaire européen à l’industrie, Günter Verheugen, en tant que « conseiller senior et vice-président des Marché et activités bancaires générales en Europe, Moyen-Orient et Afrique ». Verheugen, qui a quitté la Commission tout juste deux mois plus tôt, avait été impliqué de très près dans la réforme du secteur bancaire y compris lors de la réforme « mieux légiférer ». Cette promotion soulève un clair conflit d’intérêt – qui explique probablement l’intérêt de RBS pour l’ancien official. Les connaissances internes et les contacts de Verheugen donnent à la banque un net avantage.
Le porte-parole de RBS, célébrant le recrutement de Verheugen, a déclaré : « son expérience en politique européenne et ses contacts sur le plan national et international sont de véritables atouts pour RBS ».
Mais Verheugen semble avoir oublié de prévenir au préalable ses précédents employeurs à la Commission Européenne de son nouvel emploi. Pourtant les règles très claires : les ex commissaires doivent avertir aussitôt que possible la Commission s’ils acceptent un travail dans le secteur commercial. Le porte-parole de la Commission Michael Mann a déclaré qu’il n’était pas « informé » de l’emploi. En réalité, Verheugen a violé la règle d’intégrité la plus basique qui s’applique aux anciens commissaires en ce qui concerne le travail dans le secteur privé.
Mais ni RBS, ni Verheugen ne semblent concernés par celle-ci et trois mois plus tard, la Commission a approuvé le nouvel emploi. Il a été demandé à Verheugen d’assurer que les nouveaux rôles excluent toute sorte de lobbying. Le pantouflage de la Commission aidera RBS à poursuivre son lobbying secret.