ArcelorMittal

Worst Climate Lobbying
Le grand profiteur de l’industrie sidérurgique, ArcelorMittal, est nominé pour son lobbying sur les réductions de CO2 dans le cadre du système communautaire d'échange de quotas d'émission, tout en bénéficiant de permis gratuits dans le cadre de ce système.

Le grand profiteur de l’industrie sidérurgique, ArcelorMittal, est nominé pour son lobbying sur les réductions de CO2 dans le cadre du système communautaire d'échange de quotas d'émission, tout en bénéficiant de permis gratuits dans le cadre de ce système.

ArcelorMittal est le plus grand groupe sidérurgique privé du monde ; il produit 10 % de l’acier mondial. C’est aussi l’un des plus gros émetteurs de CO2 d’Europe. Or, ArcelorMittal s’est opposé aux règles de l’UE dans le cadre du système communautaire d'échange de quotas d'émission – le plus grand marché d’émissions au monde. Il a fait pression pour s’assurer des permis de polluer gratuits, lui permettant de ne rien changer à son fonctionnement et d’avoir même des crédits carbone à revendre.
Le géant de l’acier, dont le P.-D. G. est Lakshmi Mittal, l’homme le plus riche de Grande-Bretagne, a fait pression sur la Commission européenne et les gouvernements des États membre, s’opposant à la proposition de mise aux enchères des permis (qui contraste avec la fourniture gratuite obtenue par l’industrie de l’acier, entres autres, en conséquence de son lobbying efficace). En 2008, les directeurs d’Arcelor Mittal Bremen ont déclaré au Commissaires européen que  l’industrie sidérurgique serait contrainte à se délocaliser hors de l’Europe.
Après l’attribution éhontée de permis de polluer aux secteurs industriels dans les phases I et II, les règles proposées pour la révision du Système en phase III (2013-2020) envisageaient la mise aux enchères des crédits carbone. ArcelorMittal et l’association européenne de sidérurgie, Eurofer, ont ainsi persuadé la Commission de continuer à subventionner les pires pollueurs de l’Europe qui recevront encore des crédits carbone jusqu’en 2020 au moins.
ArcelorMittal s’est opposée aux propositions de passage des réductions d’émissions de CO2 de 20 à 30 pour cent. Elle a argumenté que l’UE ne devrait pas prendre de mesures unilatérales et l’Institut américain du fer et de l’acier (l’American Iron and Steel Institute), dont Arcelor est membre, a utilisé les mêmes arguments pour bloquer l’action climatique aux Etats-Unis dans le cadre de la loi pour l’air propre (Clean Air Act).
L’entreprise a aussi essayé de remettre en question les règles du système d’échange de quotas d’émissions devant la cour européenne et a porté plainte pour pertes financières, mais elle a été déboutée.
Le plus grand producteur d’acier du monde a tiré un large bénéfice de toutes ses actions de lobbying. En 2008-2009 il avait plus de 50 millions de crédits carbone européens en excédent, qu’il a reçus gratuitement, crédits qu’il peut vendre à d’autres entreprises ou banques pour un usage futur. Considéré comme le « nabab n° 1 du CO2 », ArcelorMittal est en mesure de tirer plus d’1 milliard d’euros de bénéfices du SCEQE à l’horizon 2012.
ArcelorMittal serait ainsi capable d’utiliser les surplus acquis en phase II, de plus de 100 millions de crédits carbone excédentaires, évitant non seulement les réductions d’émissions, mais augmentant également ses émissions (1,8 % par an dans la phase III).
Une étude menée de CE Delft a montré que les entreprises sidérurgiques avaient été capables de passer aux consommateurs les coûts des alllocations qu’ils avaient obtenues gratuitement. de fait augmenté leurs prix afin de tirer les meilleurs profits des crédits carbone gratuits. L’industrie sidérurgique remet quant à elle en cause les résultats de l’étude.